Spiritualités |
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Le non-moi Le continuum mental |
On sait que pour les bouddhistes, cest lignorance, et avec lignorance, le désir et lattachement qui engendre karma et renaissances. Mais cela ne signifie pas que nous ayons une âme immuable, et que celle-ci transmigre de corps en corps. Cest surtout là que la vue Bouddhiste diffère des autre religions. Pour nous, tout est dynamique, tout est comme une rivière qui descendrait indéfiniment vers la mer. Tout est flux. Ce nest donc pas une entité durable qui passe de vie en vie (mais aussi de veille en sommeil et de sommeil en veille) . Il suffit dailleurs de comparer son « moi » actuel avec notre « moi » dil y a 10 ans (si lon sen souvient) pour sapercevoir que nous avons « évolué ». Il ny a donc pas de « Moi » identique à lui même qui subsiste au travers des changements extérieurs à lui, mais bien un « non-moi » perpétuellement en devenir. On utilise le terme « non-moi » pour bien lopposer au terme Moi. Il ne faut pas chercher dautre signification derrière ce terme qui peut sembler négatif, mais qui nest quun artifice de vocabulaire.
Pour ceux qui aiment les mathématiques, cest un peu comme la différence entre une droite (le Moi, lâme) , tracée à la règle, bien définie, sans début ni fin, mais toujours avec les mêmes caractéristiques, et une courbe de Béziers ou à chaque point est associée une tangente qui, par sa force et sa direction, détermine lavenir immédiat des points qui lui succèdent. Ces points seront eux même dotés de tangentes qui pourront remettre (ou ne pas remettre) en cause la courbure et la direction générale de cette portion de ligne. Les tangentes, ce sont les effets du Karma passé et des volitions présentes.
Cet exemple explique bien comment, de vie en vie, une entité qui nest pas la même tout en étant quand même un peu la même peut être influencée par les éléments du passé.
Cependant, chaque être possède bien son continuum mental individuel (ou courant de conscience) , et il faut bien quil y ai une base sur laquelle sappuie ce continuum, un lit pour notre rivière. Cette base, cest notre « nature de Bouddha », notre esprit extrêmement subtil (Rigpa en sanscrit : expression utilisée en opposition à notre esprit ordinaire, lesprit grossier : Sem en sanscrit).
Aujourdhui, notre « non-moi » est ballotté au gré des tempêtes de lesprit ordinaire : cest le Samsara. Etre capable de le maîtriser, avoir un « ego sain », cest le Nirvana, lEveil, lexistence non conditionnée, donc libre des effets du karma. Au moment de la mort, on se sépare aussi de cet ego là, cest le départ sans retour, sans renaissance, cest le Paranirvana des bouddhas.Le Boddisatva, lui, ne passe pas en Paranirvana, puisquil revient dans le Samsara pour aider les autres êtres.